Comment devenir freelance : le guide

Voulez-vous savoir comment devenir freelance ? Le guide dévoile les prérequis et les règles qui édictent votre projet d’émancipation professionnelle.
comment devenir freelance

Table des matières

Sur le sol français, les activités professionnelles en freelance battent leur plein. D’après une étude de Eurostat en 2021, le pays dénombre 930 000 freelances. Ce nombre souligne un accroissement de 33 % de l’intérêt envers cette forme de travail sur ces 6 dernières années. Les nombreux avantages du régime expliquent cette tendance haussière. Liberté, flexibilité, rémunération motivante, confort, indépendance, absence de contraintes hiérarchiques et de pression figurent parmi les prérogatives de la vie d’un travailleur indépendant. Alors, comment devenir freelance : le guide énumère les étapes à suivre afin d’embrasser le statut d’autonomie, de vous lancer à votre compte et de vous apprêter à votre rôle de porteur de projet.

Approfondir votre secteur d’activité

La maîtrise d’un domaine ou d’une spécialité quelconque sera le point de départ de votre projet entrepreneurial. Elle définira votre prestation.

Identifier votre domaine d’expertise

Le travail en freelance ne se borne pas à l’exécution des commandes du client. L’activité relève d’une diversité de fonctions. Il place le porteur de projet au centre de l’attention. Celui-ci a plusieurs casquettes : comptable, commercial, dirigeant…

Une réflexion en amont est capitale avant le démarrage de votre projet. La préparation est la clé de la réussite de votre entreprise.

Puis, identifiez le secteur d’activité dans lequel vous excellez. Assurez-vous de disposer des compétences générales et spécifiques ainsi que des connaissances théoriques et pratiques à votre future prestation.

La théorie s’acquiert au terme de plusieurs années d’études universitaires et des formations professionnelles. De la pratique sur le terrain nait l’expérience.

Faire un état des lieux du marché

La force de la volonté est le moteur de votre projet. Cependant, elle demeure insuffisante à la garantie de son succès. Une étude de marché est impérative. L’analyse éclaircira toutes les zones d’ombre. Elle émerge avant toutes les cibles principales, en d’autres termes, votre cœur de cibles ainsi que les cibles secondaires. Elle met également en évidence vos concurrents directs et vos concurrents indirects.

Cette première étape lève le voile sur les opportunités présentes ainsi que les contraintes susceptibles de faire barrage à la prospérité de votre projet. Elle révèle l’exploitabilité ou la saturation du marché.

Après l’étude vient l’établissement d’un business plan. Le document administratif couche sur papier votre méthode de production, vos délais d’exécution, vos tarifs et votre projet dans sa totalité. Dans la perspective d’un investissement de départ, il vous aidera à débloquer des fonds.

Estimer le tarif de votre prestation

Les travailleurs autonomes ont le privilège de choisir leur tarif et d’élaborer leur politique de tarification. Les estimations hasardeuses à la va-vite n’ont pas leur place dans le monde du freelance. La tarification soulève 2 méthodes : le calcul du TJM (Tarif journalier moyen) et le benchmarking.

Le TJM désigne votre chiffre d’affaires en une journée de travail. Son calcul applique 2 procédés. Le premier part du salaire mensuel brut escompté. Majorez le montant de 10 % (correspondant aux frais professionnels et aux charges). Divisez le tout sur le nombre de jours travaillés pendant un mois. Le second procédé s’appuie sur le salaire net visé. Ajoutez 50 % de la somme afin de couvrir vos dépenses quotidiennes et vos charges et divisez le résultat par le nombre de jours travaillés en un mois.

Le benchmarking est une technique comparative. Elle consiste à tarifier votre prestation suivant le prix de base du marché. L’étude s’intéresse notamment aux tarifs appliqués sur les plateformes et par vos concurrents directs.

Respecter les formalités juridiques, légales et fiscales du statut

Être freelance revient à se soumettre aux contraintes légales, fiscales et juridiques qui régissent le statut d’indépendance.

Choisir un statut juridique

Dans un souci de régularisation, le freelance sélectionne une structure juridique. Le projet, les besoins de protection du patrimoine personnel et les perspectives d’avenir conditionneront votre choix. Les structures juridiques comprennent :

  • la Micro-entreprise ;
  • l’EURL/SARL ;
  • l’EI/EIRL ;
  • la SASU/SAS.

Régime accessible, la micro-entreprise s’adresse aux porteurs de projet qui souhaitent esquiver les contraintes fiscales. Le régime fiscal se révèle effectivement simple et flexible.

L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) et la Société à Responsabilité Limitée (SARL) désignent des personnes morales. Si le premier statut autorise la création d’une société sans associé, le second en exige un au minimum.

L’Entreprise Individuelle (EI) et l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL) correspondent à des personnes physiques sans capital.

La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) et la Société par Actions Simplifiée (SAS) protègent votre patrimoine personnel.

un homme de couleur noir est posé sur son canapé avec son ordinateur portable sur ses jambes et sourit à son chien assis lui aussi sur le canapé gris. il a une jambe repliée et posée sur l'autre. il porte une veste en jean et un bonnet orange.
Etre freelance, c’est aussi pouvoir passer du temps avec ses proches (et son animal)

Se conformer aux obligations juridiques

Au lancement de votre activité, vous vous engagerez à :

  • mettre en place vos conditions générales de vente (CGV) ;
  • rédiger vos contrats de prestation de vente ou de service ;
  • rédiger les mentions légales de votre site web ;
  • respecter les règles de la protection des données RGPD (Règlement général sur la protection des données) dans le cadre d’une activité dans la branche informatique ;
  • régler les litiges en cas de différend avec vos fournisseurs ou vos clients.

Dans un souci de véracité et en cas de difficulté, faites-vous assister d’un juriste pour la rédaction de vos contrats.

Honorer les obligations fiscales et comptables

Le freelance endosse des charges fiscales. Il s’assujettit à la TVA rattachée à son statut. Sur le plan comptable, il rédige ses factures et administre sa comptabilité dans les règles. Il tient également un bilan annuel.

Au besoin, il se décharge sur un autre prestataire qui assurera la gestion fiscale, traitera les aspects juridiques de son activité et sa comptabilité.

Il peut aussi recourir au portage salarial, un statut sous la forme d’une relation contractuelle mobilisant 3 acteurs : le freelance (salarié porté), l’entreprise de portage et le client. Le freelance se libère des contraintes juridiques, fiscales et comptables qui incombent désormais à la société de portage.

Profiter des privilèges sociaux du statut de travailleur indépendant

Instauré en 2006, le Régime Social des Indépendant (RSI) accordait aux prestataires de service, aux artisans et aux commerçants un panel de protections sociales (couverture maladie, retraite et invalidité, allocations familiales…).

Le régime général de la Sécurité Social des Indépendants (SSI) a néanmoins remplacé le RSI en 2020. Il s’applique à tous les statuts, y compris le portage salarial.

Budgétiser votre projet

Le lancement d’une activité en freelance sollicite un budget de départ, mais à quel montant ?

Monter un budget de départ

Évaluez votre situation financière. Passez au peigne fin votre revenu actuel, vos dépenses quotidiennes, vos charges, votre épargne…

Étudiez ensuite le coût de votre travail en freelance en fonction de plusieurs indicateurs :

  • les investissements dans l’équipement ;
  • les taxes ;
  • les frais de créations ;
  • les charges relatives au bon déroulement de votre activité.

Votre structure juridique implique des frais variables selon vos services et la forme de la structure choisie. La micro-entreprise engage un moindre coût de création, mais présente des cotisations peu intéressantes. C’est pourquoi certains freelances préfèrent le régime de SASU. Il propose des charges sociales avantageuses contre d’importants frais de création.

De cette inspection budgétaire sera déterminé votre capital de départ.

Prétendre aux aides financières publiques

Afin de venir en aide aux porteurs de projets financièrement en difficulté, l’État a mis sur pied différents dispositifs. La Banque Publique d’Investissement (BPI) soutient les créateurs d’entreprises à travers des services de financement, des conseils en gestion et en investissement.

Pôle Emploi verse l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprises (ARCE), l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) et l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS).

L’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE) est un organisme solidaire. Elle propose des formules de micro-crédits et d’autres formes d’accompagnement pour le compte des entrepreneurs.

Ces dispositifs compenseront les premières pertes durant vos premiers mois d’activité.

Avoir les qualités nécessaires

Le savoir-être, les connaissances techniques et le savoir-faire font d’un freelance un bon entrepreneur. À ces qualités s’ajoutent d’autres vertus indispensables.

Faire preuve d’autonomie

La liberté est l’avantage de l’émancipation professionnelle. Certes, le statut vous affranchit des oppressions et des tensions hiérarchiques. Toutefois, la liberté appelle à l’autonomie. Qualité principale d’un freelance, elle est le moteur de votre productivité. Elle garantit l’efficacité et l’avancement de votre projet.

Outre l’autonomie, le relationnel est une qualité importante du travailleur indépendant. Il facilite la connexion avec les clients. Il consolide le capital confiance entre les parties prenantes.

Un porteur de projet a aussi du flair pour repérer les opportunités.

Savoir vendre vos compétences

Le statut d’entrepreneur vous détache de votre zone de confort. Il suscite un minimum de compétences commerciales. En outre, il exige la faculté de persuader avec les paroles et les actes.

Être un freelance requiert une maîtrise du discours commercial, de l’art oratoire et de l’art de négocier avec les clients.

Ces facultés arrivent avec la pratique et notamment un solide argumentaire de vente.

Se remettre en question

Votre potentiel distingue vos prestations de celles de vos concurrents. Certains freelances décrochent leur indépendance dans l’espoir de monter en compétence et de devenir experts dans leur domaine. Pourtant, démarrer votre entreprise avec un faible bagage met à mal la rentabilité de votre activité. Vous ne disposerez ni des références ni d’expériences. Les formations s’avèreront donc nécessaires.

D’autres freelances passent par la case « salarié » avant de travailler à leur compte. La démarche consolide leur base et leur aide à amasser les fonds nécessaires au démarrage de leur activité. Quand bien même, la remise en question reste valable dans l’optique d’une meilleure maîtrise de votre activité.

une femme rousse est assise à un table devant un ordinateur portable. elle tient un bébé en body blanc posé sur le table à côté de l'ordinateur qui regarde l'écran.
Etre freelance c’est aussi avoir la possibilité de profiter de son bébé (tant qu’il est encore petit et fait des siestes)

Savoir gérer votre business

La gestion est une qualité intrinsèque du freelance. Les connaissances en gestion d’entreprise évitent les pièges de la fiscalité, la comptabilité et les questions juridiques. Qu’importe votre domaine d’intervention, vous devez être en mesure de gérer :

  • votre trésorerie ;
  • votre comptabilité ;
  • vos facturations ;
  • vos assurances.

Au besoin, déléguez la tâche entre les mains d’un prestataire, en l’occurrence un expert-comptable. Vous pouvez aussi compter sur l’assistance des programmes informatiques spécialisés dans la comptabilité.

Trouver les premiers clients

La recherche de prospects est le point culminant à la viabilité de votre activité, mais comment y parvenir ?

Partir à la chasse aux prospects

La définition de votre cible enclenche la partie prospection. La communication numérique semble incontournable à tous les projets. Faites bon usage des outils numériques : blog, réseaux sociaux, annuaires en ligne…

Durant leurs premiers pas, les freelances ont coutume de s’inscrire dans les places des marchés où se rencontrent prestataires indépendants et clients. D’autres privilégient les réseaux sociaux à forte notoriété, précisément LinkedIn. Malgré tout, les anciennes pratiques portent toujours leurs fruits, comme : les cartes de visite, les salons… Mobilisez tous les outils imaginables dans le but de gagner en visibilité.

Contracter des missions temporaires et ponctuelles

Le phénomène de bouche-à-oreille semble une approche ancestrale, mais toujours efficace pour forger votre notoriété. Il vous aide à dénicher des prospects susceptibles de s’intéresser à votre offre. Il entretient d’autant plus votre image.

Les premières missions sont les plus difficiles à trouver. La présence des plateformes de freelance a heureusement facilité la tâche.

À chaque plateforme sa méthode. Certaines misent sur une approche indirecte. Elles appellent à la créativité des freelances pour impressionner et convaincre les clients. Leur démarche est simple : le client publie sa demande et patiente jusqu’aux retours des prestataires. Il choisit ensuite parmi les propositions l’expert en mesure de répondre à ses attentes.

D’autres optent pour une approche directe. Ils exposent les missions et invitent les freelances à s’acquitter de la tâche tout en respectant les consignes du client.

Vous trouverez aussi des plateformes qui se contentent de servir d’intermédiaire entre les clients et les prestataires.

Organiser votre quotidien

Le temps de travail, le temps de pause, le temps des loisirs et le temps des corvées entrent dans l’équation, d’où la nécessité d’une bonne organisation. Comment jongler entre vie de famille et travail ?

Aménager un espace de travail à domicile

un homme âgé avec des lunettes noires et une barbe grise est assis sur un canapé gris avec un ordinateur portable gris sur ses genoux. il se touche la barbe d'une main tandis que l'autre main est posée sur le clavier.
Travailler sur un canapé n’est pas envisageable sur le long terme

La majorité des freelances travaillent depuis le confort de leur domicile. Le choix occasionne quelques réaménagements sans passer par de grands travaux. Réservez une pièce spécifique qui vous servira de bureau, de préférence une pièce isolée du reste de la maison et facile d’accès.

Accommodez l’emplacement à votre convenance. Baignez-le de lumière naturelle, mais installez un système d’éclairage suffisant pour la nuit. Installez le matériel indispensable à votre activité : un bureau, une chaise confortable et votre ordinateur portable ou bien un atelier composé d’une machine, d’une chaise, d’une longue table…

Choisir un lieu de travail hors du domicile

D’autres freelances quittent leur domicile et se créent leur propre espace de travail dans un nouvel emplacement, généralement un espace de coworking. Il s’agit d’un lieu dédié au travail des indépendants. La solution émerge plusieurs avantages : disponibilité d’un espace aménagé et prêt-à-l’emploi, environnement productif, calme et propice à la convivialité. Il convient aux freelances qui ont l’impression d’être coupés du reste du monde. Néanmoins, leur occupation nécessite le paiement de frais de location partagés entre les différents occupants.

Plusieurs freelances travaillent directement chez leur client dans leurs locaux. Dans ce cas, le prestataire est connu sous l’appellation de consultant en régie.

Ériger un emploi du temps productif

Vous ne pourrez consacrer la totalité de votre temps à votre travail. Une bonne partie de vos heures est réservée aux détails administratifs. Organisez ainsi votre emploi du temps en fonction du volume des tâches.

L’organisation passe par l’élaboration d’un horaire journalier précis. La répartition des tâches repose sur l’ampleur du travail et le délai de livraison. Elle impose une fixation d’objectifs journaliers réalisables.

Plusieurs outils, dont certains gratuits et d’autres payants, vous prêteront main-forte dans le montage de votre emploi du temps (Trello, Bitrix24, Google Agenda, Canva, Doodle).

Tenez votre famille et votre entourage au courant de votre programme et fyuez toute forme de distractions durant vos heures de travail.

Comment devenir freelance : en résumé

Comment devenir freelance ? Le guide vous révèle pas à pas les démarches pour acquérir votre indépendance et adopter un nouveau mode de travail.

La connaissance de votre secteur d’activité enclenchera la machine. Déterminez et maîtrisez votre domaine. Faites une étude de marché et élaborez un business plan. Puis, tarifez vos prestations.

Prenez connaissance des formalités qui encadrent le régime de l’entrepreneuriat. Choisissez parmi les statuts juridiques (SASU/SAS, EURL/SARL, micro-entreprise, EI/EIRL). Conformez votre projet aux obligations juridiques, comptables et fiscales.

Examinez l’aspect financier de votre entreprise. Étudiez le budget de départ et compensez les dépenses avec les aides publiques disponibles.

Le freelancing répond à quelques qualités intrinsèques : autonomie, compétences commerciales, remise en question et capacité de gestion.

Arrive l’étape de la chasse aux prospects. Les réseaux sociaux et les plateformes vous seront d’une grande utilité.

Pour finir, organisez votre bureau. Vous disposez d’un choix multiple de lieu de travail : votre domicile, les espaces de coworking ou les locaux de votre client. Arrangez ensuite votre emploi du temps journalier en fonction de l’ampleur de vos tâches. Vous voilà prêt à devenir freelance.

Que pensez-vous du monde du freelancing ? Êtes-vous tenté de rejoindre la grande communauté ? Exprimez vos réponses dans les commentaires.